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LES RADIOLAIRES
 
 

Profondeur de dépôt des radiolarites.

On a vu que les Radiolaires sont les plus fréquents dans la partie superficielle de la colonne d'eau, et que beaucoup d'entre eux sont symbiotiques avec des algues (zooxanthelles, Dinoflagellés, ANDERSON, 1983); ce qui explique que ces organismes, ainsi que d'autres microfossiles typiquement pélagiques, se rencontrent dans des sédiments déposés sous faible tranche d'eau tels les calcaires de Solenhofen (BARTHEL, 1970). De même les diatomites de la Formation de Monterey et les sédiments actuels du bassin de Santa Barbara (Californie) sont presque côtiers et de profondeur modeste, environ 500 m selon PISCIOTTO & GARRISON, 1981. Des Radiolaires existent donc dans des faciès dont les milieux de dépôt sont très variables et il est injustifié d'admettre une origine profonde pour tous les dépôts contenant des Radiolaires.

   Des équivalences d'environnements peuvent être trouvées dans des dépôts actuels: le bassin de Santa Barbara (au large de la Californie), les pentes du golfe de Basse Californie (Mexique), les pentes au large de Guaymas (Sonora, Basse Californie, Mexique), la partie supérieure du talus au large de Callao et Pisco (Pérou), au large de l'Afrique tropicale (SARNTHEIN & FAUGERES, 1993), le bassin d'Owen,... Les dépôts laminés n'y sont pas très profonds: 500-600 m pour le bassin de Santa Barbara, 300-1 300 m pour le bassin de Guaymas et 300-800 m dans le nord ouest de l'Océan Indien (INGLE, 1981). Des dépôts homogènes existent sous cette frange de fond à sédiments laminés et aussi, dans une moindre mesure, au-dessus (INGLE, 1981). Les radiolarites jurassiques de la zone du Pinde-Olonos (Grèce) peuvent être considérées comme typiques des radiolarites téthysiennes. Elles sont généralement très bien litées mais localement leur partie centrale est plus massive. Cette allure plus massive pourrait refléter une variation de la profondeur de dépôt à l'Oxfordien (DE WEVER & CORDEY, 1986), époque, justement, de haut niveau marin .

Séquence de dépôt liée aux upwellings (A) et distribution des divers faciès siliceux (B)
(à partir des dépôts néogènes du Pacifique, d'après Garrison, 1992)

a : porcelanites finement litées (HST et LST) ; b : dépôts siliceux massifs (HST) ; c : alternance de roches massives et laminées, paraséquence en HST ; d : cherts, faciès de bassin distal ; OMZ : zone à minimum d'oxygène ; LST : lowstand system tract ; TST : transgressive system tract ; HST : highstand system tract
 
 

Les radiolarites massives pourraient donc refléter une tendance générale transgressive pendant l'Oxfordien et comme telles, être utilisées comme marqueur de temps si cette observation était confirmée.
Les radiolarites correspondent peut-être à des dépôts initialement dépourvus de carbonates (encore que certains indices tendent à prouver le contraire) et donc plus profonds que ceux dominés par les calcaires. Cela n'implique pourtant pas que la profondeur était très importante car la CCD était probablement moins basse au cours du Mésozoïque et les eaux plus riches en silice qu'elles ne le sont aujourd'hui (KASTNER, 1981 et communication personnelle, 1986). En tout cas le lieu de dépôt des sédiments siliceux n'est pas nécessairement profond, mais suffisamment pour que les sédiments siliceux ne soient pas balayés par des vagues ou des courants de surface, et sous la CCD pour éviter une dilution par des composants carbonatés. Nous savons que la profondeur de la CCD est hautement variable et très peu profonde là où se manifeste une haute productivité planctonique. Au large du Pérou par exemple, elle est à moins de 3000 m alors qu'elle est à plus de 5000 m habituellement à cette latitude ailleurs dans le Pacifique. La plupart des radiolarites téthysiennes comme celles situées plus à l'est se sont très probablement déposées dans des environnements relativement peu profonds, probablement dans des bassins du même ordre de grandeur que celui dans lequel se sont déposées les diatomites de Monterey ou que le bassin d'Owen. On peut estimer que la profondeur requise pour les bassins à radiolarites est atteinte dès 1 500 à 2 000 m.


Intérêt
Historique
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Bibliographie