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LES RADIOLAIRES
Radiolarites et matière organique.
Le Jurassique de la Téthys est riche en matière organique. Cette richesse résulte d'apports liés aux transgressions ou sont dus à des eaux confinées dans les bassins de type Mer Rouge, golfes d'Aden ou de Californie ou encore résulte d'apports détritiques accompagnés d'une intense productivité en silice (TISSOT et al., 1979; SUMMERHAYES, 1981). HANZO & ESPITALIÉ (1993) ont montré que la matière organique abondante était liée au début des transgressions. Ces pulsations transgressives sont d'autant plus favorables à de fortes quantités de matière organique que la transgression est importante.
Une telle présence de matière organique à proximité de radiolarites a été signalée à diverses reprises (HEIN et al. 1983; VON RAD & ROSCH, 1974). Dans certains cas le dépôt de silice est lié à un événement anoxique comme celui de l'Aptien-Albien (COCCIONI et al.,1987) ou du Cénomano-Turonien (MARCUCCI et al., 1991).
Les radiolarites sont parfois appauvries en matière organique
à cause de leur faible taux de sédimentation, ce qui ne signifie
en aucun cas que ces sédiments n'étaient pas riches en matière
organique au moment de leur dépôt (c'est aussi le cas
pour les argiles rouges des grands fonds, LEEDER, 1982).
Cette association peut être mise en relation avec celle déjà
observée entre dépôts riches en silice et environnement
réducteur. Elle est aussi valable pour diverses diatomites où
elle se complète d'une richesse en phosphates : diatomites miocènes
de la Formation de Monterey (Californie) (GARRIS0N & DOUGLAS, 1981;
ISAACS et al.,1983) ou diatomites de la Formation de Pisco (au Pérou)
(OCHOA, 1980; GARRISON, 1992) ; sédiments déposés
au large du Pérou (SUESS et al., 1986).
En général, radiolarites et matière organique marine ne sont pas directement liées. Pourtant les deux résultent d'une haute productivité (CAULET et al., 1992, SARNTHEIN et al., 1992). Il ne faut pas y voir de contradiction car il a été prouvé (BOGDANOV et al., 1980), dans les sédiments modernes, que le rapport TOC/SiO2 dans les particules en suspension (en surface) décroît quand la productivité augmente, la silice agissant alors comme un diluant de la matière organique. Ce fait est connu dans le Pacifique central, dans le golfe de Basse Californie et dans la Formation de Monterey en Californie (DONEGAN & SCHRADER, 1982; APLIN et al., 1992). Ces derniers auteurs observent une variation du même type dans les lamines des sédiments d'upwelling au large du Pérou. Dans le sédiment, la silice abondante est toujours signature de haute productivité, mais non la matière organique (DIESTER-HAASS et al., 1992; CAULET et al., 1992). En outre la porosité du sédiment joue un rôle important pour la préservation ou non de la matière organique car elle permet ou non des échanges, outre la présence d'oxygène et de sulfates qui la font disparaître (APLIN et al., 1992). Par ailleurs, la matière organique des lamines est généralement hydrogénée et disséminée. Elle a une origine algaire et bactérienne. La préservation de la matière organique varie beaucoup lors de la diagenèse et l'interprétation de sa présence doit donc être utilisée avec beaucoup de précaution pour conclure à des variations de productivité (APLIN et al., 1992). Quoiqu'il en soit, même s'il existe une relation entre abondance de sédiment siliceux et matière organique (un coefficient de corrélation de 0,75 est proposé par WELLING et al, 1992) il y a plus d'un paramètre qui régit leur abondance dans le sédiment mais ces facteurs, leur identité, leur importance, ne sont pas encore établis.
Les productions de silice biogène marine et de matière
organique résultent toutes deux d'une activité planctonique
importante (TAKAHASHI, 1986) mais elles ne sont pas forcément
associées dans le sédiment lorsqu'il se dépose sous
une grande profondeur d'eau et que le taux de sédimentation est
faible, la matière organique n'étant alors pas conservée
(VON BREYMANN et al., 1992). Elles résultent donc toutes deux
de haute productivité mais leurs conditions de préservation
n'étant pas les mêmes, on ne les retrouve pas systématiquement
associées dans les roches sédimentaires.
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