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LES RADIOLAIRES
Le plancton siliceux actuel. (1)
(1) Caractères généraux des principaux
groupes de radiolaires.
Organisation cellulaire.
(2) Biologie.
(3) Écologie.
CARACTERES GÉNÉRAUX DES PRINCIPAUX GROUPES DE RADIOLAIRES
Par leur diversité de formes et de couleurs, les microorganismes qui pullulent dans le plancton marin offrent toujours de nouveaux sujets d'intérêt (curiosité intellectuelle) et d'émerveillement (surprise esthétique). Parmi eux, les Radiolaires sont assurément les plus élégants; leurs fines coques treillissées combinent presque à l'infini la sphère, le cylindre, le cône, le disque, l'anneau, la spirale... Et pourtant, si élégants soient-ils, les Radiolaires comptent parmi les protistes marins les moins bien connus du biologiste; cette méconnaissance résulte à la fois de leur faible dimension (de 50 à 300 µm en moyenne), de la complexité de leur organisation et de la difficulté de les maintenir en élevage.
Pendant longtemps les paléontologues se sont peu intéressés à leurs tests car, même s'ils étaient connus dans des roches du Paléozoïque, leur utilité stratigraphique était entachée d'une solide réputation d'inefficacité et leur extraction de la roche semblait délicate, voire impossible.
Les Radiolaires appartiennent au règne des protistes.
Les protistes réunissent toutes les formes unicellulaires eucaryotes : protozoaires, algues et champignons.Les Radiolaires sont des protozoaires, appartenant à la classe des Actinopodes. Ils se caractérisent par la présence d'une capsule centrale séparant physiquement un ectoplasme d'un endoplasme.
Leur classification est encore l'objet de débats.
(1) Les Acanthaires possèdent une capsule centrale percée
de nombreux petits pores, des algues symbiotiques et un squelette en célestite
(sulfate de strontium) très soluble dans l'eau;
(2) Les Phéodaires présentent une capsule centrale
percée de trois pores seulement, n'ont pas d'algues symbiotiques
mais ont un pigment granulaire marron (= phaeodium).
(3) Les Polycystines, dont la capsule centrale est perforée
sur toute sa surface ou à une extrémité , possèdent
des algues symbiotiques et un squelette de silice intra- et/ou extracapsulaire.
Pour certains auteurs, seuls les deux derniers groupes appartiennent
aux Radiolaires (Anderson, 1983).
Seuls les Radiolaires Polycystines sont préservés à
l'état fossile, aussi seul ce groupe est utilisé par les
paléntologues.
ORGANISATION CELLULAIRE
Il existe une relation entre la capsule centrale (base de la classification
des biologistes), qui différencie les Radiolaires des autres Actinopodes,
et le squelette (base de la classification des paléontologues).
Il existe donc des liens entre ces deux types de classification.
La grande complexité des Radiolaires et la difficulté
de comprendre leur organisation sont telles que le plus célèbre
des précurseurs, Haeckel, a longtemps cru que ces organismes étaient
multicellulaires. Hertwig (1876, 1879) a prouvé leur caractère
unicellulaire et mis en évidence leur association symbiotique avec
des algues.
Les Radiolaires, tous marins, vivent pour la plupart à
l'état d'individus isolés. Il existe cependant des formes
coloniales, pouvant atteindre une grande taille (jusqu'à 5 m), comportant
de très nombreux individus noyés au sein d'une masse gélatineuse
mais où chacun possède généralement son propre
squelette.
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Colonies de radiolaires (Photos N. Swanberg).
Les formes isolées ou les éléments unitaires des colonies offrent des formes très variées, mais présentent toujours un corps protoplasmique séparé en deux parties, ecto- et endoplasme, par une membrane capsulaire caractéristique de ce groupe. Le protoplasme est maintenu et orienté par un squelette (ou test).
La capsule centrale
La capsule centrale comprend l'endoplasme, le (ou les) noyau(x) et l'axoplaste
; elle est limitée par la membrane capsulaire. Celle-ci est sphérique,
ovale ou lobée. Sa forme diffère pour chaque espèce.
Elle croît avec l'âge; les plus grandes peuvent atteindre 400
µm.
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Trois capsules centrales de Radiolaires et leurs tintinnides
symbiontes (en jaune-vert). Photo N. Swanberg.
Le noyau est bien visible à l'intérieur d'une capsule centrale. La membrane capsulaire est ici clairement individualisée. |
La membrane capsulaire
La capsule centrale est limitée par une membrane généralement
pigmentée et bien visible sur les individus vivants. Sa couleur
vive varie selon les espèces: rouge, jaune, marron, bleu-violet,
vert,... La membrane capsulaire est chitineuse ou pseudochitineuse, perforée
par des fusules et fissures capsulaires.
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Colonie de Radiolaires et ses zooxanthelles symbiontes vue sous le microscope optique (environ 100 µm). On distingue bien la capsule centrale rougeâtre et le noyau des Radiolaires . Les nombreuses zooxanthelles jaunâtres sont éparses dans l'ectoplasme de la colonie pour profiter au mieux de la lumière. Photo N. Swanberg. |
La membrane capsulaire est perforée et les pores sont disposés selon deux types principaux permettant ainsi de distinguer au sein des Polycystines :
les Entactiniaires, les Nassellaires et les Spumellaires.
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Chez les Nassellaires et Entactiniaires, les pores sont concentrés sur un seul secteur de la capsule. Les grandes fusules sont disposées en cône: le podocône (Fig. A ci-dessous).
Chez les Spumellaires, les pores de la membrane sont très nombreux et répartis sur toute la surface (Fig. Bb) ou sous forme de pores regroupés dans des champs polygonaux (Fig. Ba). Le terme Spumellaire est dû à la forme généralement sphérique du squelette.
L 'endoplasme
Il contient :
• un ou plusieurs noyaux, central(aux) ou excentré(s).
• les mitochondries, l'appareil de Golgi, des vacuoles, des gouttelettes
lipidiques, de composition variée, et des cristaux dont certains
sont présumés être des protéines. On sait aussi
(Anderson & Matsuoka, 1992) que le cytoplasme intracapsulaire contient
des bactéries et des algues;
• l'axoplaste, organite d'où divergent les axopodes. Les axopodes
sont longs, ténus et rigides, faits d'un filament axial stéréoplasmique
revêtu d'une gaine ectoplasmique, susceptibles de se rétracter,
sous l'effet d'un choc par exemple.
Un Radiolaire isolé (environ 100 µm) fait ressortir
ses axopodes irisés à deux extrémités.
La capsule centrale est bien visible ainsi que quatre épines.
Photo
N. Swanberg.
L'axoplaste joue un rôle lors de la formation du squelette; en conséquence la morphologie de celui-là guide celle du squelette.
Le corps extracapsulaire comprend : l'ectoplasme et ses inclusions et les pseudopodes. Ce vocable regroupe les filopodes, les axopodes et, parfois, l'axoflagelle.Corps extracapsulaire
| En savoir plus |
C'est le seul élément d'étude pour le micropaléontologiste. Il est appelé indifféremment squelette, coque, test.Le squelette
Le squelette des Radiolaires s.l. est constitué le plus souvent de silice, empruntée au milieu marin et fixée par le protiste.
Le squelette des Radiolaires est construit selon un plan géométrique
bien défini, propre à chaque espèce. Il est
donc important de connaître sa formation et son origine.
Les coques ne se forment qu'à un moment bien précis de
la croissance de l'organisme. Le dépôt de silice est un phénomène
rapide. La croissance s'effectue de façon discontinue. Les périodes
de fixation de silice résultent plus de la physiologie propre de
l'organisme que de l'environnement. En outre, la croissance du squelette
requiert parfois (sinon toujours) des fenêtres précises de
température mais supporte des variations importantes de salinité
(Matsuoka & Anderson, 1992).
Le squelette est fait d'une ou de plusieurs coques siliceuses (sphériques, concentriques, coniques,...) d'où rayonnent éventuellement des épines.
L'architecture du squelette peut être très simple (un seul
spicule) ou très complexe. Les Spumellaires (à gauche) et
les Nassellaires (à droite) se différencient, en général,
par la morphologie de leur squelette.
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Le squelette des Spumellaires est généralement
sphérique et porte des épines rayonnantes; il comporte souvent
plusieurs coques emboitées, connectées par des barres radiaires
d'épaisseur variable, se correspondant ou non d'une coque à
l'autre.
Celui des Nassellaires est caractérisé, extérieurement,
par une symétrie axiale (ex. formes coniques) et, intérieurement,
par un spicule initial.
| En savoir plus : origine et mode de secrétion du squelette. |
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