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Muséum National d'Histoire Naturelle
Laboratoire de Géologie
Historique de la chaire |
Le poste de Géologie fut créé
pour Barthélemy FAUJAS DE SAINT-FOND, qui en reçut le brevet
le 1er juillet 1787 (il était alors " adjoint à la garde
du Cabinet "). Le décret du 10 juin 1793 le nomma Professeur
de Géologie, en même temps que le Muséum d'Histoire
Naturelle était créé. Il conservera cette chaire jusqu'en
1819, et il eut comme successeurs Pierre-Louis CORDIER (1819-1861), Auguste
DAUBREE (1861-1892), Stanislas MEUNIER (1892-1920), Paul LEMOINE (1920-1940
), René ABRARD (1941-1962), Robert LAFFITTE (1963-1980), Lucien
LECLAIRE (1980-1991).
Le professeur était assisté
d'aides-naturalistes.
Le premier aide-naturaliste de
la Chaire paraît avoir été MILLIERE (. . . . -1819).
REGLEY lui succéda de 1879 à 1833 ; DESNOYERS ne fit que
passer dans ce poste (1833) avant de devenir bibliothécaire. Charles
d'ORBIGNY le remplaça de 1834 à 1864. Ensuite, S.MEUNIER
(aide-naturaliste de 1864 à 1892) joua un grand rôle, car,
A. DAUBREE étant constamment occupé ailleurs, il géra
vraiment la Chaire et s'imposa comme Professeur à la mort de A.
DAUBREE. Il choisit comme successeur Georges RAMOND (1892-1923), proche
parent des JUSSIEU, qui, lors de sa mise à la retraite, fut remplacé
par R. ABRARD (1923).
ACTIVITE DE LA CHAIRE.
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Les travaux de B.
FAUJAS DE SAINT-FOND portaient sur les volcans éteints du Vivarais
et du Velay et de l'Histoire naturelle de la montagne Saint-Pierre à
Maastricht. Il a d'ailleurs parcouru presque toute l'Europe. Son oeuvre
est importante et il est vraiment l'un des fondateurs de la Géologie
au Muséum. |
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P.L. CORDIER a véritablement
créé les collections de Géologie,
qui passèrent de 1 500 à 200 000 échantillons, recueillis
dans ses voyages personnels. Ses travaux sur l'origine des calcaires et
des dolomites, sur la composition et la classification des roches, témoignent
de son attachement à ce qu'il appelait la géologie positive,
c'est-à-dire à la méthode d'observation sur le terrain. |
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A. DAUBREE a surtout appliqué
la méthode physico-chimique à la géologie, étudié
l'importance de la transformation des minéraux et des roches sous
l'influence de divers agents, comme l'eau et la pression, c'est-à-dire
du métamorphisme. Il avait établi une classification des
fractures terrestres. Il a essayé de contrôler les données
de l'observation par les résultats de l'expérimentation et
a créé la géologie expérimentale. Il a constitué
le premier une collection de météorites ; cette collection
fut confiée au laboratoire de Minéralogie que dirigeait A.
Lacroix. Elle représente aujourd'hui la deuxième collection
de météorites au monde. |
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S. MEUNIER a continué les
recherches de A. DAUBREE sur la géologie comparée (météorites)
et sur la géologie expérimentale ; mais il s'est surtout
attaché à l'étude des phénomènes actuels,
se considérant à cet égard comme le successeur de
Lyell. Il a le premier réalisé un travail d'ensemble sur
la géologie du Bassin de Paris, publié la liste des sondages
profonds qui étaient connus, des tremblements de terre qui y ont
été signalés. Il a montré que, même dans
cette région calme, leur répartition est liée aux
axes tectoniques. Avec Nassans, son assistant, il a étudié
la variation du degré géothermique du Bassin Parisien. Il
a montré la complexité de la transgression lutétienne
dans le Bassin de Paris, et, sous son influence P. LEMOINE a poursuivi,
avec une grande activité, l'étude méthodique de la
région parisienne. |
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P. LEMOINE, n'oubliant
pas qu'il fut l'un des premiers à étudier la géologie
des anciennes colonies françaises (Madagascar, 1902-1903 ; Maroc,
1904 ; Afrique Occidentale Française, 1905-1912) a beaucoup encouragé
ses collaborateurs à poursuivre des études de ce genre. Raymond
Furon a travaillé sur la géologie du Soudan. Les géologues
de l'Afrique Équatoriale Française, Babet et Lombard, pendant
leurs séjours à Paris, étudiaient leurs matériaux
au laboratoire. Jean Lacoste étudiait la Géologie du Rif
occidental, le pays du pétrole marocain.
Assistant chargé spécialement
de l'étude géologique des grands travaux publics qui étaient
constamment effectués dans la région de Paris, Robert Soyer,
a déployé une grande activité et le Muséum
a joué un grand rôle dans l'étude et l'exécution
des grands travaux de la Ville de Paris et du département. Une réputation
d'expertise s'est alors attachée à ce Laboratoire. |
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Les travaux de R. ABRARD ont porté
surtout sur le Tertaire du Bassin Parisien, mais seul le Lutétien
fit l'objet d'une synthèse. R. ABRARD s'était fait l'avocat
des "bons fossiles" stratigraphiques que sont les foraminifères
qu'il utilisa notamment pour sa révision du Lutétien. Naturaliste
complet, il avait une vision extrêmement claire de la notion de temps
en géologie et des conséquences qu'impliquent les variations
fauniques. Il fut un des exemples les plus parfaits d'un école de
stratigraphes formés par E. Haug. |
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R. LAFFITTE a considérablement
développé et modernisé la tradition de la géologie
sédimentaire au Muséum en s'entourant d'une grande équipe
de chercheurs Muséum et CNRS qu'il installe à partir de 1976
dans le nouveau bâtiment occupé aujourd'hui par le Laboratoire.
Des voies de recherches nouvelles au Muséum sur les dépôts
évaporitiques (G. Busson) et les sédiments océaniques
(L. LECLAIRE)sont développées dans le laboratoire. |
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L. LECLAIRE accélère
la réorientation du Laboratoire vers des études modernes
de paléocéanographie et de paléoclimatologie en agrandissant
les collections de sédiments et roches marines stockés dans
des lithothèques froides, uniques en France. L'étude des
environnements extrêmes anciens et continentaux récents est
également développée, donnant au Laboratoire sa spécificité
actuelle. |
Depuis un siècle aujourd'hui le
laboratoire s'est focalisé plus particulièrement sur les
travaux de géologie sédimentaire.