LE LUTÉTIEN DU BASSIN
DE PARIS (2)
PALEOGEOGRAPHIE
Pendant les temps lutétiens, qui ont
duré plus longtemps qu’entre l’apparition des premiers hominidés
et aujourd’hui, le paysage a souvent changé du fait des variations
du niveau de la mer, principalement liées à cette époque
au contrecoup de la formation des Alpes.
Les dépôts du Lutétien
dans le Bassin de Paris correspondent à des environnements toujours
peu profonds (moins de 50 m) et contrastés.
Pendant plus d'un siècle, on a considéré le Lutétien du Bassin de Paris comme un des plus beaux exemples de cycle de transgression-régression de la littérature géologique. Schématiquement, ce cycle correspond à une succession de dépôts marins détritiques glauconieux (Lutétien inférieur), relayés par des dépôts de plate-forme calcaire localement très riches en Nummulites (Lutétien moyen) et enfin par des dépôts lagunaires évaporitiques à lacustres (Lutétien supérieur).
Mais, une analyse récente, très
fine permise par la richesse en fossiles et la diversité des faciès
dans des coupes et forages nombreux a conduit à une image beaucoup
plus complexe. Par une analyse séquentielle à haute-résolution
du Lutétien, Gély (1996) reconnaît trois cycles de
transgression/régression pendant les 8 millions d'années
qu'a duré le Lutétien.

Cette succession est synthétique ; elle n'existe telle quelle en aucun endroit du bassin car l'espace nécessaire à la sédimentation (en gros la profondeu d'eau) ne s'est pas toujours trouvé au même endroit. Par exemple, la transgression du Lutétien inférieur est diachrone : elle progresse du Nord vers le Sud. Au maximum de la transgression, les milieux demeurent plus côtiers au Sud qu'au Nord. A l'extrême, on a des dépôts sub-continentaux lacunaires au Sud dans le même temps que des dépôts marins épais au Nord.
La stratigraphie séquentielle a permis
néanmoins de faire des corrélations chronostratigraphiques
détaillées entre les différentes successions observées
aux différents endroits du bassin, fondées sur les variations
du niveau marin. Chaque séquence de dépôt implique
une oscillation du niveau marin d'une amplitude de l'ordre d'une dizaine
de mètres et d'une durée de quelques millions d'années.
Ces séquences sont représentées
par des dépôts transgressifs peu épais, correspondant
à une montée brutale de la tranche d'eau, marquée
entre autres par la glauconie (espèce d'argile formée sur
le fond marin), et coiffés par des dépôts régressifs
plus épais, correspondant à un lent comblement de l'espace
marin sous l'effet de la sédimentation depuis les bords jusque vers
le centre du bassin. A l'intérieur des séquences de dépôt,
de plus petites oscillations de la tranche d'eau peuvent être suivies,
qui s'expriment généralement par un seul comblement régressif
entre deux invasions marines (comblement appelé paraséquence).
Cette analyse permet d'établir des cartes
paléogéographiques fines et de montrer l'évolution
de la déformation du sous-bassement au cours du Lutétien.
Exemple : trois stades de la première séquence du Lutétien
Lutétien inférieur : Pierre à liards
|
Base du Lutétien moyen : Calcaire à Ditrupa
|
Fin du Lutétien moyen : Banc vert |
|
|
Introduction |
|
|
|
|
|