Le Bassin de Paris (2)
Près de 200 ans de progrès stratigraphiques.
En 1816 J.B. d'Omalius d'Halloy publie une carte qui montre pour la première fois les auréoles du Jurassique, Crétacé et Tertaire du Bassin de Paris. Elle comporte en marge la première coupe synthétique jamais publiée de ce bassin.

La coupe de P. Lemoine (1911) ci-dessous montre
clairement la disposition en "cuvettes concentriques" des grandes
assises successives qui forment le Bassin Parisien. Il estimait alors la
profondeur au centre du bassin à plus de 1 000 m. P. Lemoine
fut l'un des premiers à intégrer les données tirées
des sondages profonds en vue d'établir une synthèse géologique
du Bassin de Paris.

Cette même image de cuvettes emboitées
est encore utilisée en 1950 par R. Abrard qui donne la valeur de
1750 m environ pour la profondeur du socle.
Mais à partir des années 55-60
se développent les recherches pétrolières qui vont
apporter des données nouvelles, tirées des sondages profonds
et des méthodes géophysiques : meilleure connaissance du
socle et de la couverture sédimentaire ; mouvements tectoniques
et déformations... Mais si la structure du Bassin Parisien se précise,
la disposition en "pile d'assiettes" (le Lias, le Dogger, le Malm, le Crétacé
inférieur, le Crétacé supérieur et le Tertiaire)
est encore restée longtemps présente dans les esprits des
géologues, ainsi que l'atteste cette coupe classique, publiée
par Pomerol (1974).
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Ces dernières années, l'exploration
du Bassin Parisien s'est poursuivie : recherches appliquées mais
aussi avec des objectifs uniquement scientifiques telles que le programme
ECORS (Etude de la croûte continentale et océanique par réflexion
et réfraction sismique) ou le programme GPF (Géologie profonde
de la France). La corrélation de nombreuses données de puits,
via des méthodes de datations très fines et par la stratigraphie
séquentielle, et l'imagerie sismique permettent aujourd'hui d'aboutir
à une meilleure connaissance de la géométrie d'ensemble
du bassin, beaucoup plus complexe que celle imaginée antérieurement.

La modélisatisation numérique (GoCad), basée sur l'interpolation de données de puits, corrélées par la biostratigraphie et la stratigraphie séquentielle, permet de donner une représentation du remplissage sédimentaire du bassin en 3D.
En jaune, la surface inférieure des
dépôts tertiaires ; en vert, le Crétacé ;
les différentes teintes bleues correspondent
au Jurassique ; en rose, le Trias ; en rouge, le socle.