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RECHERCHE
Axes
généraux
Mon axe principal
de recherche est de rendre compte de la diversité du vivant par sa
structure et son histoire. Je suis donc systématicien et conçois la
classification du vivant à partir de la phylogénie. Sous l’impulsion de
Roland Billard et André Adoutte, dès 1989 j’ai commencé à construire ce
qui deviendra à partir de fin 1993 avec Simon Tillier, Annie Tillier et
Eric Pasquet le service de systématique moléculaire du MNHN, que j’ai
animé dix années durant. Recruté comme assistant en 1988 dans un
laboratoire d’Ichtyologie, j’ai travaillé en parallèle sur les
téléostéens (les « poissons » modernes) et me suis
même concentré sur la phylogénie de l’un des groupes de prédilection de
membres de mon laboratoire d’alors, les notothénioïdes (téléostéens
antarctiques). Les données que j’acquiers sont majoritairement des
données moléculaires ; mais les données de séquences ne
m’intéressent vraiment que comme témoins de l’apparentement des
espèces. Le reste de mon activité de recherche est tourné, pour une
part minoritaire, vers la collecte des organismes sur le terrain (trois
missions effectuées en Antarctique) et, pour une part majoritaire, vers
des questions méthodologiques et épistémologiques de la systématique.
Des
méthodes
Mes méthodes sont
celles de la phylogénie : méthodes standard de phylogénie
moléculaire et phylogénie fondée sur des caractères anatomiques. Les
questions de méthodes suivent deux axes. Le premier consiste à explorer
comment construire des arbres phylogénétiques sans se tromper. En
d’autres termes, qu’est-ce qui constitue une inférence phylogénétique
fiable ? Presque tous mes articles de phylogénie traitent de
cette question, d’une manière ou d’une autre, en plus de leurs
conclusions zoologiques et/ou classificatoires. Avec Pierre Deleporte
nous avons organisé en octobre 2004 le colloque du vingtième
anniversaire de la société Française de Systématique autour du thème
« philosophie de la systématique ». Avec Chomin
Cunchillos nous avons bénéficié d’un mécénat de Saint Gobain pour
développer un programme d’épistémologie de la Biologie au sein duquel
deux livres sont en cours d’élaboration. Je suis membre du comité
scientifique de la revue d’épistémologie Matière première.
Le second axe vise à exporter l’analyse historique des structures du
vivant vers d’autres disciplines. Par exemple, les linguistes utilisent
depuis quelques années les concepts et les outils de la systématique
pour inférer l’histoire des langues à partir de leur structure. De
même, avec Chomin Cunchillos, j’ai exporté ces méthodes vers la
biochimie lorsqu’il s’est agit d’analyser la structure du métabolisme
cellulaire en termes d’histoire évolutive ; ou encore avec
Erick Denamur adapté ces méthodes à des organismes produisant de
nombreux transferts horizontaux, comme par exemple la phylogénie au
sein de l’espèce bactérienne Eschericha coli.
Des
organismes
Sur un terrain
plus zoologique, mes chantiers sont au nombre de deux : les
téléostéens acanthomorphes (17 000 espèces,
« poissons » modernes à nageoires épineuses) et les
notothénioïdes (122 espèces inféodées à l’océan austral, et qui
appartiennent aux acanthomorphes).

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l'image pour l'agrandir. |
La classification du
« groupe-couronne » des téléostéens, les
acanthomorphes, riche de 320 familles, a toujours été confuse et
comporte de gigantesques groupes « fourre-tout »
comme les perciformes ou les scorpaeniformes. J’ai dirigé trois thèses
(Wei-Jen Chen, Agnès Dettaï et Blaise Li) sur la phylogénie des
acanthomorphes et des clades nouveaux pour la science ont été publiés,
et corroborés par des articles indépendants japonais et américains.
Consultez :
http://www.acanthoweb.fr/
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Concernant les
notothénioïdes, notre équipe est reconnue internationalement sur la
phylogénie du groupe, sur laquelle nous avons régulièrement publié
depuis dix ans et encadré quatre DEA/M2 (Wei-Jen Chen (1997), Nicolas
Derome (1999), Sophie Sanchez (2003), Mohamed Berkani (2008)).
J’ai été invité
par nos collègues américains à participer à la campagne internationale
d’hiver « ICEFISH 2004 » deux mois durant à bord du
Nathaniel Palmer. Le travail continue puisque je suis porteur d’un
projet de recherche et d’exploration de la biodiversité antarctique
proposé en 2007 à l’Agence Nationale pour la Recherche et qui sera
financé, au sein duquel des questions phylogénétiques sur les poissons
antarctiques seront traitées.

Un poisson
des glaces de la famille des channichthyidés, Pseudochaenichthys
georgianus, capturé en Géorgie du Sud, lors de la campagne ICEFISH 2004
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Des
perspectives
Mes perspectives
scientifiques concernent le redéploiement de l’interaction anatomie
comparée – phylogénie moléculaire au service de cet immense chantier
phylogénétique qu’est la phylogénie des acanthomorphes. Le stage
post-doctoral de Francesco Santini, sous ma direction, et financé sur
bourse européenne Marie Curie, s’est attaché à aborder la phylogénie
des acanthomorphes par l’anatomie comparée. J’ai organisé en 2003 un
workshop de dissection comparée de téléostéens de deux semaines au MNHN
avec les meilleurs anatomistes des poissons (Dave Johnson, Ralf Britz).
Nous développons actuellement dans mon équipe, à partir de la thèse
d’Agnès Dettaï (2000-2004) un type nouveau de bases de données
d’homologies primaires dont le schéma conceptuel a été publié dans
Systematic Biology. Mais bien au-delà des seuls téléostéens, il faut
que l’anatomie comparée renaisse dans l’établissement où elle a vu le
jour et qui est le seul à pouvoir la maintenir. L’avenir des musées
d’histoire naturelle ne saurait résider dans la seule possession de
moyens de séquençage et d’analyse phylogénétique de séquences, mais
dans la pleine interaction scientifique de ceux-ci avec les
collections. Cette politique peut se déployer au travers de la
contribution de la France aux actions internationales concertées de
taxonomie moléculaire de type « code-barre », ou bien
d’une anatomie comparée à visée phylogénétique en lien avec les
phylogénies moléculaires. Dans les deux cas ces projets ambitieux
s’accompagnent de moyens en termes de bases de données. Une fois la
puissance de séquençage d’ADN acquise via un partenariat que je pilote
pour mon département et mon UMR avec le Genoscope d’Evry, une fois la
puissance de calcul acquise à l’échelle de l’établissement par l’achat
d’un cluster que j’ai pu faire via un mécénat Saint-Gobain, il est
temps de relancer la pratique et l’enseignement de l’anatomie comparée
à visée phylogénétique.
Distribution
des thèmes de recherches par publications
I.
Méthodologie et exportation de l’analyse phylogénétique : 50%
Ia.Problèmes
méthodologiques posés par la non congruence des phylogénies (2, 3, 6,
28, 30, 46, 50, 58, 78, 84)
Ib. Réévaluation du concept de « Total Evidence » et
réflexion sur la fiabilité des inférences phylogénétiques (30, 58, 61,
78, 84)
Ic. Exportation de l’analyse cladistique aux organismes susceptibles de
transferts horizontaux (Cyprinidés : 21, 42, Escherichia
coli : 19, 33, 35, 41, 51, 57) ou dans des problématiques
biomédicales (14, 16, 18, 20, 37, 38, 43, 49)
Id. Exportation de l’analyse cladistique en biochimie évolutive (31,
47, 48, 62, 69, 74, 82)
Ie. Homoplasie et pondération (8, 25, 26, 27)
If. Epistémologie, science et non-science (10, 11, 53, 68, 80, 81, 82,
83
livres : Intrusions spiritualistes et impostures
intellectuelles en sciences, Syllepse, 2001 ; les
matérialismes (et leurs détracteurs), Syllepse, 2004 ; Charlie
ramène sa science, Vuibert-Charlie Hebdo, 2005 ; Les
créationnismes philosophiques, L'Idée Libre, 2007).
II. Phylogénie
des téléostéens : 50%
IIa. Phylogénie
des Acanthomorpha (les acanthomorphes représentent 60% des téléostéens,
33% des vertébrés) (52, 54, 59, 75, 77)
IIb. Phylogénie et taxonomie des Notothenioidei, téléostéens
antarctiques (12, 15,
22, 23, 24, 32, 45, 56, 63, 64, 65, 66, 70, 71, 76, 85, 86)
IIc. Autres téléostéens : cyprinidés (21, 42), mormyridés
(34), ostariophyses et relations entre téléostéens (1, 4, 5, 7, 44, 79)
Dernière
actualisation : jullet 2010
Réalisation
du site : Labsynth.com
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