Grandes Serres du Jardin des Plantes

La nature fait preuve de créativité… Des plantes primitives aquatiques ayant conquis la terre aux végétaux résistant au désert, enfoncez-vous, dans les grandes serres, au cœur d’une flore à la vitalité fabuleuse. Un retour aux origines… de l’Homme !

Grandes Serres du Jardin des Plantes [Réal. Frédéric Dubos, Sébastien Pagani © MNHN]

Souvent, nature varie
On y pénètre presque respectueusement, par un péristyle art déco aux allures de cathédrale. Et pour cause… les forêts tropicales humides, à l’honneur de la première serre, sont des sanctuaires de la biodiversité, où un seul hectare peut abriter plusieurs centaines d’espèces d’arbres. D’Afrique, d’Amérique, ou encore d’Asie du Sud-Est, les végétaux forment une jungle rêvée. Cheminez entre les bananiers, les lianes, les fougères et les orchidées, grimpez dans le rocher pour profiter du panorama de la serre, découvrez les utilités et fonctions des espèces végétales.

Imagination fertile
Dans la longue galerie attenante, la chaleur est celle des déserts et milieux arides (États-Unis, Mexique, Sahara, Australie…). Pour la flore, c’est le moment de se montrer créative ! Afin de résister à l’aridité, tout est bon : s’enterrer comme les plantes-cailloux, stocker l’eau dans des tissus à l’image des cactus, se mettre en dormance dans des graines lors des périodes sèches… De cette nécessité naissent aussi des silhouettes étranges — comme la boule, parfaite pour économiser l’eau —, parfois couvertes d’épines ou de poils. Certaines plantes résistent même au feu !

Eldorado naturel
Direction suivante : la Nouvelle-Calédonie ! L’archipel d’Océanie méritait bien une serre dédiée. Sur ces terres, longtemps isolées, les végétaux se sont spécialisés à l’extrême : 76 % des espèces n’existent nulle part ailleurs ! Une spécificité qui fait le bonheur des scientifiques… et des visiteurs du Muséum. La serre leur présente cette flore dans toute sa diversité, à travers cinq milieux : les forêts humide et sèche, le maquis minier, la savane et la mangrove. L’occasion d’admirer le précieux santal ou des espèces devenues rarissimes dans la nature.

Retour aux sources
Une dernière serre retrace la longue histoire de l’évolution des plantes, de leur conquête de l’espace terrestre à l’apparition de la fleur. Une aventure commencée il y a au moins 430 millions d’années, qui a vu se développer plusieurs processus de reproduction. Représentants modernes d’espèces apparus anciennement — fougères, conifères, prêles —, pièces fossiles ou reconstitutions de végétaux éteints peignent un camaïeu de vert d’une beauté envoûtante. Ils montrent combien les plantes sont nécessaires à la constitution de l’atmosphère terrestre, ainsi qu’à l’apparition de la vie animale et donc… de l’Homme.

De métal et de verre
À histoire exceptionnelle, écrin grandiose ! Les serres du Jardin des Plantes sont les héritières des orangeries, destinées à protéger des gelées les arbres fragiles. Par la suite, Sébastien Vaillant, botaniste, édifie en 1714 la première serre de pierre et de verre. Au début du XIXe siècle, le recours au métal marque un tournant. Des bâtiments plus solides sont érigés : dans les années 1830, les pavillons oriental et occidental puis, à la fin du XIXe siècle, le jardin d’hiver du Muséum.

Nos amies les plantes
Tous ces bâtiments, classés Monument historique, ont été rénovés de 2005 à 2010, à l’occasion d’un chantier sans précédent. Le but ? Leur redonner leur apparence originelle et préserver leur magie, tout en modernisant leur fonctionnement. Quatre serres sont désormais ouvertes au public, au lieu de deux. Elles transmettent, grâce à une scénographie repensée, un message essentiel : pas de vie humaine sans flore. Encore faut-il préserver toute la diversité végétale. Plus facile à dire qu’à faire ? Chaque voyage commence par un premier pas. Faites-le…