Arboretum de Versailles-Chèvreloup

Ses habitants s’appellent tilleuls ou orchidées, mais aussi lapins ou chevreuils. À l’Arboretum de Versailles-Chèvreloup, 2 500 espèces d’arbres et 8 000 plantes sous serres du monde entier cohabitent. À pied ou à vélo, explorez une nature extraordinaire à deux pas de Paris…

Arboretum de Versailles-Chèvreloup - bande annonce

Origine contrôlée
Au nord du château de Versailles, sur 200 hectares ouverts au public, s’épanouissent d’exceptionnelles collections végétales. Mais attention, pour rentrer dans ce sanctuaire, les arbres doivent montrer patte blanche… Tous appartiennent en effet, à quelques rares exceptions près, à des espèces sauvages, spontanément présentes dans la nature. Et, dans tous les cas, les arbres sont suivis à la trace ! Une base de données, couplée à une cartographie, permet de les retrouver sur le terrain.

Au bonheur des flâneurs
Faites le tour du monde sans quitter l’Île-de-France ! Au fil des allées de ce véritable musée de l’arbre vivant, vous allez pouvoir rencontrer chênes, rhododendrons, géants d’Amérique, mélèzes, conifères, érables, houx, magnolias ou encore lilas. Afin de garantir une bonne adaptation des sujets au climat parisien, la plupart des spécimens proviennent d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Quelques espèces sont toutefois originaires de régions plus chaudes : Afrique, Amérique du Sud et Océanie. Seules indigènes : la végétation herbacée et la faune (oiseaux, lapins, faisans, hérissons, renards, chevreuils, fouines, martres…) !

Et plus, si affinités…
Avec 2 500 espèces d’arbres, le domaine de Versailles-Chèvreloup accueille la plus riche collection du genre en Europe continentale. Pour éviter de se perdre dans cette nature foisonnante, le plan de plantation a été soigneusement étudié. Dans une première zone, sur 120 hectares, les arbres sont en effet regroupés en fonction de leurs origines géographiques. Un autre espace de 50 hectares les réunit par affinités botaniques, avec notamment de majestueux alignements de platanes, de noyers noirs d’Amérique et de cèdres de l’Atlas. Enfin, au centre du parc, des cultivars — des espèces multipliées par l'Homme et n'existant pas dans la nature — affichent leur beauté… ou leur étrangeté !

Effet de serre(s)
Si les arbres du parc supportent bien le climat parisien, d'autres plantes viennent trouver refuge dans deux groupes de serres de 6 000 m2. Là, les jardiniers sont aux petits soins pour les 5 000 espèces tropicales et méditerranéennes présentes : orchidées, pélargoniums, fuschias… À ces serres utilisées pour la conservation et la recherche s'ajoutent des espaces réservés aux 60 000 plantes saisonnières cultivées chaque année pour colorer les plates-bandes parisiennes, ainsi qu'une pépinière dédiée notamment aux collections du Jardin des Plantes. Sachez-le, les serres de l'Arboretum ne dévoilent leurs trésors qu'à l'occasion des portes ouvertes du domaine. Prévoyez bien votre visite !

La vie en vert
Au cours de vos pérégrinations, vous rencontrerez peut-être un arbre très spécial : le sophora de Jussieu. Il a été planté par le célèbre botaniste en 1747 — soit près d'un demi-siècle après l'achat de la ferme de Chèvreloup par Louis XIV (en 1699), et près de deux cents ans avant son affectation au Muséum pour y créer un arboretum (en 1927). Témoin de cette exceptionnelle épopée, il a survécu à des fortunes diverses. Abattu par la tempête de 1999, qui a détruit plus de 1 000 arbres, une petite bouture de racine est repartie en 2002. Infatigable tricentenaire !

Science avec conscience
Héritier de cette histoire, l'Arboretum joue un rôle essentiel dans la conservation des espèces. Pour certaines d’entre elles, menacées d’extinction, il représente un dernier refuge. C'est également un terrain de recherche de choix en génétique, pharmacologie, écologie ou physiologie, grâce à la réunion sur un même site de plantes du monde entier. C'est, enfin, un formidable outil de sensibilisation à la biodiversité. Envie d'une expérience grandeur nature ?