Exposition VOLCANS MEURTRIERS
 
L'exposition, à Paris    

Arrivant de Fort-de-France, l’exposition « Volcans Meurtriers » se tient à Paris au Jardin des Plantes dans les 600 m2 de la prestigieuse galerie de Minéralogie et de Géologie du Muséum national d’Histoire naturelle.
L’exposition met en scène deux histoires humaines dont la vie dépend des aléas de deux volcans dangereux pour l’homme : la Montagne Pelée de la Martinique ; le Vésuve en Italie.

Le visiteur est accueilli par l’œuvre du sculpteur Noël Pasquier représentant une coulée de lave de 12 mètres de long et réalisée par la juxtaposition de plaques de lave émaillées. Une autre sculpture, en « verre bombé » et en aluminium forgé, de l’artiste Carlos Villegas - Ivich sera également présentée dans l’exposition. Intitulée « Feu blanc » et inspirée d’une photographie d’Alfred Lacroix montrant une grille déformée avec en arrière plan la Montagne Pelée, la sculpture inverse les proportions. La grille qui a résisté au volcan est plus de trois fois plus haute que la montagne.

Le visiteur découvre l’exposition avec le film tourné par Edison en 1902, deux ans après la catastrophe de Saint-Pierre. Après avoir situé sur un planisphère et une carte bathymétrique les deux volcans pour comprendre comment se répartissent les phénomènes volcaniques aux frontières des plaques tectoniques, le visiteur découvrira les mécanismes des volcans dits « gris », ceux qui ne fournissent pas de laves et qui sont des volcans explosifs extrêmement dangereux.

Les situations
Saint-Pierre de la Martinique juste avant l’éruption. Une très grande maquette du volcan permet de replacer les « acteurs » du drame : le volcan, la ville et les différents édifices qui ont été détruits, ainsi que les bateaux en rade de Saint-Pierre devenus par la suite des épaves. Des photos d’époque retracent l’insouciance des habitants du « petit Paris des Antilles » peu avant la catastrophe.

Les signes avant-coureurs de l’éruption
La nature a prévenu les hommes, mais ces derniers n’ont pas su interpréter les signes, ou les ont interprétés a-contrario. La montagne Pelée avait connu d’autres éruptions pendant la période historique. Des traces archéologiques précolombiennes ont été retrouvées dans certaines coulées. Au cours des XVIIe et XIXe siècles, d’autres éruptions se sont produites, comme celle de 1851 qui ne s’était manifestée que par des explosions phréatiques de moindre importance et qui perduraient encore dans les mémoires en 1902.

Les éruptions à nuées ardentes
L’explication du phénomène des nuées ardentes responsables de la destruction de Saint-Pierre s’appuie sur les images réalisées par le Professeur Alfred Lacroix entre 1902 et 1903 et des documents d’autres catastrophes récentes comme celles du volcan de la Soufrière à Montserrat, du Mont St Helen au Etats Unis , ou encore du mont Unzen au Japon où les époux Krafft, volcanologues français, trouvèrent la mort. Pour suivre pas à pas la progression de la destruction de Saint-Pierre, schémas, coupes stratigraphiques, films, permettent de rendre compte de tous les faits marquants qui ont concouru à la formation, à l’écoulement et aux dépôts des nuées.

Les effets directs et les effets secondaires de l’éruption
Cette partie est réservée aux objets usuels partiellement fondus et récoltés suite aux incendies de la ville, notamment ceux utilisés par Alfred Lacroix (verres tordus, couverts cintrés, montre, cloche du Tamaya…) pour décrire les effets du phénomène péléen sur les biens matériels et sur les hommes. Ils sont présentés dans une reconstitution grandeur nature. Des témoignages enregistrés et des textes d’époque enregistrés par des antillais d’aujourd’hui confirment les horreurs vécues par des témoins. Des extraits de journaux ainsi que des exemples littéraires montrent comment la catastrophe a été perçue et ressentie dans le monde entier.

Pompéi et le Vésuve
Après un condensé de l’histoire de Pompéi et du Vésuve (maquette du site, panneaux) le visiteur suit le déroulement de l’éruption. Il découvre des vestiges archéologiques dans une reconstitution grandeur nature (moulages de corps calcinés de victimes sur sol). De nombreux prêts de Musées italiens et du fonds Krafft (gouaches napolitaines des éruptions du Vésuve) rappellent que l’empirisme a longtemps influencé les mentalités.

La surveillance aujourd’hui
La catastrophe de Saint-Pierre a eu pour conséquences la création du premier observatoire français sous l’impulsion d’Alfred Lacroix. Son abandon dans les années 1920, suivi par sa destruction par une éruption quelques années après, a montré que la surveillance des volcans est une affaire de long terme. Cette section présentera l’histoire des observatoires et les outils de la surveillance, destinés à éviter une catastrophe similaire.

 

 
Le 8 mai 1902 Tous les témoignages, principalement collectés par Alfred Lacroix, convergent sur la brutalité et la rapidité du phénomène. L’étude détaillée des dépôts a également permis de reconstituer le paroxysme de la crise volcanique. L’explosion du 8 mai se produit à la base du dôme de lave visqueuse formé dès la nuit du 5 au 6 mai dans le cratère de l’Etang Sec. Les gaz, jusque là emprisonnés dans le magma se détendent brutalement et pulvérisent le dôme. L’explosion, qui libère une énergie colossale, est dirigée latéralement vers le sud-ouest avec un angle de 120° à partir du sommet. Le mélange de gaz, cendres et blocs s’épanche en un écoulement pyroclastique dilué et turbulent, qui se répend à toute allure (plus de 500 km/h) sur les flancs du volcan.
Cet écoulement est baptisé “ nuée ardente ” par A. Lacroix et caractérise le dynamisme péléen.
La nuée ardente du 8 mai, extrêmement dévastatrice, atteint la ville de Saint-Pierre en moins de 2 minutes et fait 28 000 victimes.

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