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Haut plateau entre ciel et terre, le Tassili des Ajjer
offre une splendide architecture de pierre, où
se dressent des villes fantasmagoriques. Des “
rues ”, des “ ruelles ” quadrillent
ces formations rocheuses, parfois torturées
par l’érosion géologique des eaux
et des vents. Tout y est silencieux.
Le visiteur y découvre, au creux des abris
naturels formés au pied de ces édifices
naturels, des peintures de toutes dimensions, rassemblées
en panneaux ou dispersées parfois dans d’infimes
recoins.
Le choix de ces emplacements ne relève ni du
hasard ni de la commodité. L’observation
plus attentive des peintures fait découvrir
que leur inscription dans l’architecture des
roches et abris fut recherchée, comme si les
lieux et les formes des parois, du sol jusqu’à
plusieurs mètres de hauteur, participaient
de l’expression artistique et graphique des
messages confiés à la pierre et au temps. |
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Clichés
Lionel Gauthier |
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| DR |
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Les scènes figurant sur les parois retracent
aussi les modes de vie. Les premiers habitants sont
des nomades, chasseurs de grande faune sauvage.
Leur succèdent des semi-sédentaires,
agriculteurs et pasteurs, maîtres d’importants
troupeaux de bovidés domestiques. Ils s’installent
alors pour de courtes haltes dans des campements
de huttes, et de manière plus sédentaire
dans les abris sous roche qui protègent des
pluies et des dangers. Les abris sous roche conservent,
en plus des peintures, une partie des vestiges laissés
par leurs occupants. Les poteries, souvent incisées,
les meules, pilons et molettes, les haches polies,
les pointes de flèches, témoignent
ainsi de leurs activités quotidiennes. |
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| Cliché
Daniel Ponsard ©Musée de l'Homme |
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| Cliché
Daniel Ponsard ©Musée de l'Homme |
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Les plus anciennes fresques du Tassili sont aussi les
plus énigmatiques. On y observe des silhouettes
humaines étranges flottant sur les parois, auxquelles
se superposent parfois des animaux. Leurs têtes
souvent réduites à un globe sans nulle
expression humaine leur ont valu le nom de “ Têtes
rondes ”. Souvent des protubérances, des
“ antennes ” poussent sur leurs corps. Les
chercheurs qui les recopiaient leur ont donné
le surnom, alors à la mode, de “ Martiens
”, tant ces êtres extravagants leur semblaient
venir d’ailleurs. |
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Mais le fantastique affecte
aussi les figurations animales, de façon discrète
ou parfois spectaculaire, nous montrant de véritables
monstres.
Ainsi l’imaginaire plonge l’art rupestre
dans l’univers du symbole au sein duquel tout
devient possible pour les hommes, pris entre la réalité
du quotidien et le surnaturel fabuleux des rêves
et croyances.
Ainsi cet art rupestre, dont le sens nous échappe,
attise à son tour notre imaginaire. |
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| Cliché
Daniel Ponsard ©Musée de l'Homme |
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