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Les Occidentaux ont découvert les peintures rupestres et les gravures du Tassili des Ajjers à la fin du XIX° siècle, au hasard de reconnaissances militaires ou géologiques.
On doit les premiers croquis au lieutenant méhariste Brenans, dans les années trente. Cette découverte alerte les scientifiques de l’époque, notamment Maurice Reygasse, conservateur du Musée du Bardo à Alger, et l’abbé Breuil, éminent préhistorien français. Une mission scientifique est alors dépêchée dans l’Oued Djérat.
Les découvertes de Brenans donnent lieu à un volumineux rapport qui parvient au Musée de l’Homme peu avant la seconde guerre mondiale. De là naît l’idée d’une campagne scientifique d’inventaire et de relevé systématique des fresques du Tassili.
Elle se concrétisera en 1956, avec la caution scientifique du CNRS et du Musée de l'Homme, et le soutien du gouverneur général de l’Algérie. Pendant quinze mois, de 1956 à 1957 Henri Lhote, avec dix peintres et un photographe-cinéaste, effectuent ces relevés en employant une technique de calques rapportés sur papier, puis teints à la gouache.
Henri Lhote (1903-1991) se prend de passion pour le Sahara, suite à sa première mission dans le Tassili en 1935. Il deviendra plus tard Maître de recherche au CNRS et chargé du Département d’Art préhistorique saharien au Musée de l'Homme. En 1958, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur.
Les Touaregs semblent avoir toujours connu ces fresques, sur lesquelles on retrouve d’ailleurs leur écriture, le tifinagh. Machar Jebrine ag Mohamed fut d’abord le guide de Brenans dans les années trente, puis celui de Lhote en 1956. Connaissant de longue date les sites ornés de fresques, il se révéla un associé précieux à qui on peut attribuer de nombreuses découvertes d’abris sous roche peints et d’objets.
Machar Jebrine ag Mohamed (1890 ? 1981) est né dans le groupe touareg des Idjeradjeriouène Kel Maddak. Agé de plus de soixante ans lorsqu’il conduit Lhote à travers le plateau du Tassili, il était l'associé indispensable de la mission.
En hommage, le siège du Parc du Tassili à Djanet porte son nom.
“Le procédé est relativement simple. Il consiste à faire un calque directement sur la paroi rocheuse, à mettre ce calque bien au point à cause des aspérités de la roche qui provoquent des irrégularités dans la copie qu’il est important de rétablir. Il est procédé ensuite à la mise en teintes du fond, de manière à reconstituer l’ambiance de l’abri, cette ambiance si particulière aux peintures préhistoriques. Enfin, c’est le report du calque sur ce fond de papier et la mise en teintes des figures devant les originaux.”
Henri Lhote, A la découverte des fresques du Tassili, Arthaud, 1958
De Novembre 1957 à janvier 1958, une sélection de relevés issus de la mission de 1956 est exposée au Pavillon de Marsan, à Paris. Les fresques du Tassili sont alors révélées au grand public pour la première fois.
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