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| «Ceux
qui ne connaissent le père de Blake et Mortimer
que comme auteur sont déjà d'heureux
mortels...», écrivait Hergé
en 1971. |
| On
connaît peu de choses de Jacobs, né
le 30 mars 1904 à Bruxelles. Si l'on sait
qu'il fut baryton d'opéra avant de s'illustrer
dans le neuvième art aux côtés
des plus grands, on ignore souvent ce qui l'a véritablement
conduit à œuvrer en tant que dessinateur.
Son destin, qui se reflète en secret dans
ses fictions, est significatif de la reconnaissance
culturelle et artistique que la bande dessinée
a fini par acquérir au fil des années..
Edgar P.Jacobs, qui avait rêvé d'être
peintre avant de monter sur scène, n'imaginait
sans doute pas assurer sa postérité
en créant, presque par accident, le plus
célèbre tandem britannique de la bande
dessinée européenne. |
| Sa
vie eut pour cadre la Belgique inquiète,
truculente et insolite à la fois d'Ensor,
Ghelderode, Magritte et Jean Ray, auprès
desquels Jacobs mérite absolument de figurer.
Engagé pour quatre saisons à l'Opéra
de Lille au début des années 1930,
il interprète des rôles qui déterminèrent
bien souvent ses choix esthétiques de dessinateur
porté sur le maniérisme. |
| Après
s'être tourné vers l'illustration pour
des raisons alimentaires, il trouve dans l'exercice
de la bande dessinée à la fois un
nouvel épanouissement artistique et, surtout,
une consécration bien méritée. |
| Auteur,
en 1943, de la série vedette de l'hebdomadaire
belge Bravo ! (dont les ventes culmineront, grâce
au Rayon U de Jacobs, à 300000 exemplaires
vendus), il devient l'année suivante le premier
assistant d'Hergé. Il dessinera notamment
les décors de la version en couleurs du Sceptre
d'Ottokar, et participera, aux côtés
de son ami d'enfance Jacques Van Melkebeke, à
l'élaboration des scénarios des Sept
boules de cristal et du Temple du Soleil. |
| Le
26 septembre 1946, Edgar P. Jacobs crée,
dans les pages du journal Tintin, Le Secret de l'Espadon,
premier volet de la saga de Blake et Mortimer. Très
vite, la série s'impose auprès des
jeunes lecteurs, séduits de découvrir,
pour la première fois, des personnages adultes
confrontés à un ennemi aussi fascinant
que ses adversaires : Olrik. Ce mercenaire séduisant
et rusé, cousin d'Arsène Lupin et
de FuManchu, occupera dans la série une place
aussi importante que ses héros |
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| Les
titres des albums de Jacobs suffisent à faire
surgir dans les mémoires une foule d'images
inoubliables . Le Mystère de la Grande Pyramide
(1950), La Marque jaune (1953), L'Énigme
de l'Atlantide (1955), S.0.S. Météores
! (1958), Le Piège diabolique (1960), L'Affaire
du collier (1965), Les Trois formules du Professeur
Sato (1971). |
| Dandy
contrarié, homme à l'imagination débordante,
ami fidèle et prophète à la
façon de Jules Verne ou d'H.G. Wells, Edgar
P. Jacobs a fait rêver, sur plusieurs générations,
des millions de jeunes lecteurs. Il reste, notamment
auxyeux des baby-boomers, une figure légendaire
de la bande dessinée. |
| Il
est décédé le 20 février
1987. |
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